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Kingdom Under Fire II (2019)...

...Après 12 ans de développement, il est enfin là !

 

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12 longues années. C’est le temps que les fans auront dû attendre pour enfin pouvoir mettre la main sur Kingdom Under Fire 2, la plus grosse arlésienne du jeu vidéo.

Annoncé en janvier 2008, Kingdom Under Fire II se sera fait attendre 12 longues années. Plus longue arlésienne de l’histoire du jeu vidéo, le projet a failli mettre sur la paille le studio de développement coréen qui l’a chapeauté. Kingdom Under Fire II est d’ailleurs officiellement devenu le jeu le plus cher développé dans le pays, avec un budget de plus de 70 millions de dollars !

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Si, paradoxalement, le développement du jeu avait débuté sur Xbox 360 – les 3 précédents volets étaient d’ailleurs des exclusivités Xbox! -, le titre était devenu une exclu PS4 en 2013, avant d’être transformé en une exclusivité PC. Le développement ne se sera pas fait sans encombres entre les multiples reports, changements de stratégie et d’orientation. S’il était censé être la suite de Kingdom Under Fire : The Crusaders (Xbox) et Kingdom Under Fire Heroes (Xbox), le jeu a finalement adopté un style très différent tout en conservant certains éléments de gameplay des précédents volets. On retrouve ainsi avec plaisir le mélange de stratégie et de combats au corps à corps qui avait fait le succès de la franchise sur la console de Microsoft mais également des éléments de jeu empruntés aux MMORPG, qui ont certainement été implantés après son annulation sur consoles.

Vous vous en doutez, le résultat est loin d’être irréprochable. Impossible ou presque d’arriver à un résultat concluant après autant de déboires. Si Kingdom Under Fire II n’est pas une catastrophe, il est malheureusement loin d’être aussi bon que ses ainés.

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La série des Kingdom Under Fire a connu bien des évolutions. Le tout premier volet, sorti sur PC, lorgnait du côté des RTS dans la plus pure tradition des Warcraft. Sa suite, Kingdom Under Fire : The Crusaders, proposait une expérience de jeu adaptée au pad, et mélangeait brillamment stratégie en temps réel et musou, avec un gameplay inspiré de Dynasty Warriors. Après l’épisode Heroes, qui reprenait la même formule, le studio coréen nous avait livré un spin-off sur Xbox 360 qui abandonnait la stratégie pour proposer un grand défouloir en s’inspirant des hack & slash. La formule n’avait pas totalement convaincu les joueurs à l’époque. C’est à cette époque la divorce sera prononcé entre Blueside et Microsoft, qui lancera sa propre franchise avec Ninety-Nine Nights, qui connaîtra deux itérations avant de tirer sa révérence. De son côté, le studio coréen tentera de relancer la franchise en développant un titre censé suivre la voie toute tracée par The Crusaders. Si les premiers trailers vendent du rêve, les difficultés rencontrées dans le développement du jeu forceront le studio à emprunter un chemin très différent. The Crusaders était en effet un titre pensé pour les consoles. La sortie du jeu sur PC allait donc forcer le studio à revoir la prise en main du titre. Chemin faisant, les développeurs décideront de garder certains éléments de The Crusaders tout en introduisant de nouveaux mécanismes inspirés des MMORPG…

Sorti sous la forme d’un free-to-play en Asie, Kingdom Under Fire II est pourtant bien un jeu payant en Occident. Il faudra débourser environ 30€ pour mettre la main dessus. Un tarif somme toute très correct pour un titre qui a totalement abandonné son modèle free-to-play pour proposer une expérience premium intégrale.

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L’aventure commencera avec le choix de la faction et la création du personnage principal. Le système de personnalisation est extrêmement poussé et le rendu absolument superbe. Les 5 classes disponibles offrent également une belle diversité d’entrée de jeu. Chacun devrait y trouver pour son compte entre le mage, l’archer et le guerrier. Si chaque classe a des caractéristiques qui lui sont propres, les personnages sont tous capables de se battre à la fois au corps à corps et à distance.

La première mission du jeu proposera de défendre une forteresse d’un assaut ennemi. L’immersion est totale. On retrouve d’entrée de jeu tout ce qui a fait le succès de The Crusaders : de vastes champs de batailles, différents types d’unités à contrôler et des combats extrêmement nerveux. Difficile de ne pas tomber sous le charme du jeu. Toutefois, on se rend également très vite compte des vilains défauts du jeu, de l’intelligence artificielle qui semble ne pas avoir évolué en 12 ans aux scripts apparents. Durant la mission tutoriel, le joueur apprendra les rudiments du métier. Il apprendra à diriger son personnage sur le champ de bataille, à manipuler la lame, utiliser les coups spéciaux et les boosters, avant d’affronter un boss titanesque qu’on croirait tout droit sorti d’un God of War. L’ennui, c’est que ce passage qui aurait dû être épique est totalement raté, la faute à une prise en main qui ne convient absolument pas aux affrontements de boss.

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Et puis, bien sûr, il y a la découverte de l’aspect MMORPG du jeu. Comme nous l’avons évoqué plus haut, les missions sont entrecoupées par des séquences de jeu dans lesquelles le joueur évolue dans des zones de jeu plus larges, multiplie les dialogues et doit remplir de petites missions allant de l’élimination d’ennemis à la récupération d’objet. Si les dialogues permettent d’apporter un peu de profondeur au scénario du jeu, on regrette que les séquences de jeu dans ces mini open-world soient aussi creuses. Faire un break entre deux batailles était pourtant une très bonne idée. L’ennui, c’est que si Kingdom Under Fire 2 est un musou plutôt efficace, la partie MMORPG du jeu est complètement ratée. Les quêtes qui nous sont proposées manquent cruellement d’intérêt, les ennemis semblent errer sans aucun but, ils se montrent très peu réactifs et les éternels allers-retours que l’on devra faire finiront par venir à bout même des joueurs les plus enthousiastes. Si l’idée n’était pas mauvaise en soi, la réalisation est tout bonnement chaotique. Kingdom Under Fire II n’a d’ailleurs de RPG que le nom puisque dans la pratique, si vous verrez d’autres joueurs se lancer dans les quêtes vous n’interagirez pratiquement jamais avec eux.

Après 3 bonnes heures de tutoriel, le jeu commence à montrer son potentiel dans sa partie RTS, avec des affrontements dantesques et des combats très nerveux. La mise en bouche se révèle donc très longue et il faudra se montrer patient pour que les combats prennent de l’envergure. Si la recette marche plutôt bien, on regrette toutefois une prise en main qui se révèle finalement peu adaptée au combo clavier / souris, avec de nombreux raccourcis clavier à mémoriser et un gros manque de précision des commandes dès qu’on prend les commandes de son personnage. Les mécanismes du jeu avaient très clairement été pensés pour fonctionner sur consoles. Dans la pratique, il faudra donc beaucoup de temps pour maîtriser les contrôles. Si l’idée de mélanger plusieurs genres de jeu n’était pas mauvaise en soi, la réalisation ne parvient jamais vraiment à convaincre.

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Malgré ses 12 années de développement, Kingdom Under Fire II donne la curieuse impression d’être un jeu très mal fignolé. Rempli de bugs, le jeu est victime d’une optimisation déplorable et donne l’impression d’être encore en phase bêta. La plupart des mécanismes de jeu ne fonctionnent pas, et bien qu’il soit premium, le titre donne encore l’impression d’être un jeu au format free-to-play avec une progression très lente. Pendant plusieurs heures de jeu, vous ne pourrez commander que 2 à 3 unités seulement sur le champ de bataille – inutile de le préciser pour ceux qui avaient bouclé les 2 épisodes sortis sur Xbox, l’expérience de jeu peut se révéler très frustrante. Le grind dans le jeu est énorme – et c’est là que le bas blesse car il s’agit d’une caractéristique des jeux free-to-play… Autrement dit, malgré la promesse de Gameforge, le titre n’a pas été repensé comme il l’aurait dû pour les marchés occidentaux.

Avec ses batailles à grande échelle, sa mise en scène efficace, ses milliers d’unités sur le champ de bataille et ses affrontements au corps à corps, Kingdom Under Fire II propose une recette unique qui fonctionne encore mais qui est malheureusement entachée par une construction qui manque cruellement de logique. Le titre de Blueside n’est malheureusement que l’ombre de ses ainés. On ne sera dès lors pas surpris de son prix de vente étonnamment bas.

Côté réalisation, Kingdom Under Fire II s’en sort finalement bien compte tenu de son âge. Les musiques épiques immergent parfaitement le joueur au milieu des combats, les bruitages sont bons, les doublages aussi et le titre est même entièrement traduit en français. Les graphismes sont ceux d’un titre triple-A d’il y a 4 ans. Le jeu est en soi assez joli même si on regrette quelques textures baveuses et des modélisations parfois trop simplistes. La direction artistique du jeu est quant à elle en phase avec les précédents volets : c’est à dire très réussie.

Au final, difficile d’être séduit par une formule qui a affaibli le concept originel. C’est un fait, Kingdom Under Fire fonctionnait beaucoup mieux avec sa campagne solo et ses modes multijoueurs distincts. En donnant une nouvelle direction à sa série, Blueside espérait sans doute ouvrir sa franchise à un plus large public. Le résultat compromet toutefois l’avenir d’une franchise qui avait pourtant parvenue à se forger une solide fan base.

 

 

Conclusion

Mélange improbable de plusieurs genres, Kingdom Under Fire II aura vécu un accouchement dans la douleur, après une gestation de près de 12 ans. Le résultat est mitigé. D’un côté, difficile de ne pas être enthousiaste à l’idée de se replonger dans l’univers de KUF, ses batailles épiques, sa direction artistique inspirée, et ses combats très nerveux. Kingdom Under Fier II reprend brillamment certains éléments de The Crusaders. Malgré ses 12 années de développement, le jeu donne toutefois la curieuse impression d’être encore en phase de bêta. Le jeu de Blueside a énormément souffert du changement de plate-forme. La prise en main du jeu n’est pas du tout adaptée au combo clavier / souris. Si le jeu se révèle être un excellent défouloir, la progression est également très lente – il faudra plus d’une dizaine d’heures de jeu avant de pouvoir enfin diriger plus de 5 troupes sur le champ de bataille. La partie MMORPG du jeu est également complètement ratée. On en vient dès lors à regretter que le titre ne propose pas simplement une campagne solo, comme ses ancêtres.

 

 

Source : Geeko


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